Il avait tout pour marquer l’histoire du Chevalier Noir. Mais l’expérience s’est révélée cauchemardesque. Dans une nouvelle interview accordée à GQ, Ben Affleck revient sur son passage dans l’univers DC, qu’il décrit comme « exaspérant » et « mal aligné ». Huit ans après "Batman v Superman", il dresse un constat lucide : il n’avait plus rien à apporter au genre. Et son propre fils ne voulait même pas regarder ses films.
Une expérience toxique
Ben Affleck ne cherche plus à enjoliver son passage dans la peau de Bruce Wayne. Dès 2022, il qualifiait ce tournage de « pire expérience de sa carrière ». Deux ans plus tard, le discours reste le même, mais gagne en nuances. Dans GQ, l’acteur insiste sur le profond mal-être qui l’accompagnait à l’époque : il allait au travail sans énergie, réalisait ses scènes de manière mécanique, et rentrait chez lui sans aucun enthousiasme. « Je faisais mon boulot, mais ce n’est pas suffisant. Il faut mieux que ça. »
Il admet aussi avoir été en partie responsable. « Je traversais une période compliquée, je n’avais pas grand-chose de positif à offrir. » Une autocritique inhabituelle dans ce type de confession, qui en dit long sur le tournant qu’il souhaite donner à sa carrière. L’époque des super-productions est révolue pour lui. Il dirige désormais sa propre société de production, Artists Equity, avec une ligne claire : éviter tout ce qui lui a empoisonné la vie durant l’ère Batman.
Une vision à contre-courant
Le divorce entre Affleck et les studios semble s’être joué sur une question de ton. L’acteur voulait proposer un Batman plus dur, plus brisé, loin des aventures calibrées pour les enfants. « Mon fils avait peur de regarder le film. Je me suis dit : “OK, on a un problème.” » Cette prise de conscience aurait accentué les tensions avec la production, tiraillée entre la volonté de séduire un jeune public et celle de conserver une direction plus adulte.
L’acteur reconnaît que cette fracture artistique n’a jamais été surmontée. Les studios voulaient retrouver un public familial ; lui restait attaché à une version sombre et mélancolique du justicier masqué. Résultat : un terrain miné, un tournage chaotique, et une interprétation qui, malgré tout, reste l’une des plus singulières du personnage. Mais pour Affleck, l’heure n’est plus aux compromis. Il tourne la page sans regret, bien décidé à ne plus rejouer dans une superproduction de sitôt.